Lionel Bourg

Où se perdent nos pas

Illustrations d’Olivier Jung.

2020 ‒ 48 pages ‒ 14 x 22 cm

Un rescapé. Un reliquat. Le dernier avatar d’une fratrie muette, tout amour, toute tendresse n’ayant en fin de compte donné vie qu’à de pesantes mélancolies et des déchirements dont ne subsistent maintenant que les cicatrices. Dès lors, à quoi bon s’attarder ? Mes nuits sont monotones et ma pensée – ma pensée… le terme fera sourire –, se tourne avec l’insistance maladive des idées fixes du côté des morts, parents, amis, confrères croisés une ou deux fois à l’occasion de rencontres fortuites, si bien qu’au moment du sommeil je retiens assez laborieusement les larmes que je n’ai pas toujours su verser.

Il est d’usage assez courant de prétendre « vivre avec ses morts », ne sachant pas trop s’il faut souligner l’adjectif possessif ou considérer avec le même égard ceux qui, croisés un jour, ne sont désormais plus que des ombres : proches, parents, amis, vagues connaissances… Prenant l’expression à la lettre, Lionel Bourg n’a guère désiré dans ces pages qu’accueillir la présence, diffuse ou insistante, légère ou pesante, incongrue voire facétieuse, de défunts devenus étrangement familiers. Bal des fantômes en somme, plus que danse macabre, des anges y apparaissent, venus sans autre explication d’un film de Wim Wenders, un tableau de Hopper ou, surprenante, une apparition féminine dans une grotte du Périgord. Rêverie, méditation teintée d’humour, jeu du mort et du vif, l’essentiel fut peut-être pour l’auteur que, fût-elle pantelante, la littérature ait ici le dernier mot…

Quinze ans après L’ombre lente du temps

  • 480 exemplaires sur vélin de Warracknabeal.
    12 euros.
  • 20 exemplaires numérotés et accompagnés d’un dessin d’Olivier Jung.
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