Henri Thomas

Amorces

Dessins et vignettes de Michel Danton.

Préface de Gilles Ortlieb.

2020 ‒ 288 pages ‒ 14 x 22 cm

Ces Amorces sont des compositions, à partir de notes qui ne sont pas considérées chronologiquement. C’est une tentative de portrait d’un inconnu à partir de quelqu’un qui m’est familier, qui me tourmente, qui m’ennuie et ne me lâche pas, et reste mon seul point de départ et de retour.
Si l’inconnu était mon moi idéal, il ne me serait pas inconnu. Il est plutôt comme une figure de l’autre côté de la tapisserie, où je ne serai jamais.

L’homme va vers un tiroir où il prend un revolver et, devant le médecin pétrifié, se «brûle la cervelle», comme on disait au temps des amorces.

Dans la suite immédiate des Reportage, paraissent dans la NRF, entre 1982 et 1987, ces cinquante-trois Amorces, pour la première fois réunies en volume. De ces chroniques (qui n’en sont pas) voici ce que dit Lionel Bourg :
“La vie est là, pourtant. Neuve. Palpitante. Des corps sont beaux à pleurer. Le désir se soustrait à son assouvissement. Une lèvre frémit. Une larme coule et, si la mort rôde, son secret de Polichinelle n’intrigue ni les vieillards ni les enfants. Mieux vaut se jeter à l’eau. Nager. Marcher par les rues la nuit. Se raconter des histoires. Sauter à cloche-pied jusqu’au ciel ou à l’enfer de sa marelle. C’est que rien ne s’apaise, rien de soi ne subsiste qu’à l’intérieur de ses propres ruines, que la lecture d’un tel ouvrage, enfin, se change petit à petit en enchantement : on marque le pas, rêveur, pensif, s’arrête ou s’accorde une pause à la clôture de chaque paragraphe, chaque note, chaque poème, chaque citation même, toujours prompte à prendre à revers le lecteur, tout ce que l’exigeant compagnon de Léon-Paul Fargue évoque propageant sa longueur d’onde au gré des eaux d’une littérature libre d’aller à sa guise.”

Henri Thomas est né en 1912. Proche de Gide et du groupe de la NRF, il noue très tôt de solides amitiés littéraires. Il publie en 1940 son premier roman, Le seau à charbon, puis l’année suivante son premier recueil poétique, Travaux d’aveugle. Après quelques années à Londres, John Perkins, prix Médicis en 1960, puis, Le promontoire, prix Femina en 1961, lui assureront une certaine notoriété. L’année 1965 marque le début d’une période sombre. Devenu veuf il ne publie que de minces plaquettes avant de renouer, en 1985, avec une intense activité créatrice.

  • 919 exemplaires sur vélin ivoire des papeteries de l’oued Ziz.
    27 euros.