Raymond Queneau

Monsieur Phosphore

Illustrations de Jean-Marie Queneau.

2020 ‒ 64 pages ‒ 14 x 22 cm

Satan (d’un ton lointain, les yeux vagues) – Oui, je me demande le Mal, qu’est-ce que ça peut bien être. Dieu ne nous a pas instruits de sa nature… Je sais bien que ses pensées ne sont pas mes pensées, mais, dis-nous, Lucifer, toi qui t’assois parfois devant le Trône de Majesté, dis-nous, ne sais-tu pas ce que c’est que le Mal ?
Lucifer – Je ne sais pas.
(Un silence. Lucifer et le quatrième ange seuls continuent à consulter les lames. Le diable relevant la tête, les regarde)
Le diable – Mais toi, Lucifer, que vois-tu dans ton jeu ?
Lucifer – L’immensité du Mal.
Le diable – Le Mal, toujours le Mal ! On se demande ce que ça peut bien être à la fin !
Satan – On se le demande.

Enfin paraît Monsieur Phosphore !
Travail de la plus haute importance, présente dans le journal de Raymond Queneau où il y fait allusion, cette pièce inachevée de 1940 se présente comme une fable biblique dramatisée. Sont en scène quatre anges déchus et trois archanges au moment de la création de l’homme… En rival du créateur une trinité angélique et maudite (Lucifer, Le Diable et Satan), figure unique composée de trois personnages se voit assistée de l’énigmatique Monsieur Phosphore, en retrait, porteur de lumière, voué à l’humanité et à la réflexion. Raymond Queneau vient de rompre avec Breton et le surréalisme et cette image de la Création enrobée de mythologie annonce autant l’académie Goncourt que le collège de ’Pataphysique…

  • 780 exemplaires sur vélin ivoire de Vézelay.
    14 euros.
  • 20 exemplaires accompagnés d’un dessin original de Jean-Marie Queneau.
    150 euros.