Christian Dotremont

La reine des murs

Illustrations de Pierre Alechinsky.

Postface de Stéphane Massonet.

88 pages ‒ 14 x 22 cm

Je vous aime : j’ai les clefs du festin, du mystère, de l’invisible, des nuits. Rien au monde, rien au temps, rien ne peut faire désormais que ces trois mots deviennent seulement des mots. Je plante ce je-vous-aime comme la foudre se plante sur un arbre. Que peut l’arbre ? Eh : la foudre c’est moi, et la foudre c’est vous, vous êtes un arbre de foudre.

Quand il débarque à Paris en 1941 pour rejoindre les surréalistes, Christian Dotremont n’a que dix-neuf ans. Il n’est pas encore le peintre célèbre pour ses logogrammes, créateur de la revue Strates et fondateur du mouvement Cobra dont l’influence ira au-delà de toutes les frontières, mais il porte en lui sa création.
Il y rencontre la poétesse Régine Raufast : de cette liaison de près de deux ans germe une correspondance rare et sulfureuse. Les lettres à sa première muse sont ici réunies : sous le vernis de l’adolescent amoureux gronde l’orage poétique et théorique du jeune artiste.
Ce “grand feu noir” illumine son âme et, dans l’éloge romantique, brûle en poèmes, réflexions et traits d’esprit. C’est dans cette mystérieuse effervescence que se trace les prémices de l’œuvre que l’on sait désormais fondamentale.

La correspondance est précédée du poème La reine des murs écrit en 1942 et dont les lithographies de Pierre Alechinsky, reproduites ici, accompagneront la publication vingt ans plus tard à la Galerie de France.

ISBN : 978.2.37792.117.1
  • 707 exemplaires sur vélin ivoire de Tervuren.
    15 euros.

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