André Dhôtel
La littérature et le hasard
Préface de Christian Bobin.
Texte établi et présenté par Philippe Blondeau.
Frontispice et vignettes d’André Lhote.
L’essentiel c’est une mauvaise santé, aussi bien morale que physique, une paresse traversée de sursauts et de remords. (…) En effet, lorsqu’on se trouve enfoncé jusqu’à un certain degré dans une incapacité qui permet tout juste de survivre, on a tôt fait de traverser la zone des sentiments que l’on continue parfois à utiliser pour faire plaisir à son entourage. Il ne reste de vrai pour soi qu’une solitude expiatoire, et (si l’on veut bien éliminer les dernières formules de mélancolie) bientôt pleine d’un charme étrangement harmonieux et peut-être très cruel.
André Dhôtel (1900-1991), qui se voulait un artisan de la littérature, aimait sans doute les choses bien faites et le travail mené à son terme. Aussi consacrait-il l’essentiel de ses efforts aux romans qu’il publiait avec une remarquable régularité, ainsi qu’aux divers textes de commande et de circonstances qui incombent à tout écrivain un tant soit peu reconnu. Jamais, en revanche, il ne s’est abandonné aux vertiges de l’introspection, de l’automatisme ou des réécritures à l’infini. Les carnets, les journaux intimes, les brouillons multiples ne sont pas son affaire. L’essentiel de son œuvre est au grand jour, comme lui-même, et il ne laisse guère d’inédits aux antiquaires de la postérité.
Le seul qui nous soit parvenu, rédigé entre 1942 et 1945, porte un titre éminemment dhôtélien : La littérature et le hasard. Publié une première fois en 2015, ce document rare et précieux est aujourd’hui réédité. Plus de dix ans après sa découverte, il confirme la justesse d’une intuition : si Dhôtel abordait son travail de romancier avec une modestie exemplaire, il en avait pourtant une haute idée, et n’avait cessé d’en méditer les mystères et les difficultés.
ISBN : 978.2.37792.208.6
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Nouvelle édition à six cents exemplaires sur vélin des Ardennes en février 2026.
27 euros.

